Berne, le 6 novembre 2009

 

 

FSFP - 11ème Forum «Sécurité intérieure»®

Crachats, insultes, coups, et quoi d'autres?

 
 

Vif intérêt pour le thème de la violence contre la police, photo : Hans Peter Blunier

 

sp - Lorsque les policiers sont consciemment pris en embuscade et agressés, ce n'est pas l'intrigue d'un nouveau succès au cinéma, mais la triste réalité. Cela se passait récemment en Allemagne. Mais, la violence contre la police est désormais aussi un phénomène inquiétant en Suisse. Il a été au centre des discussions lors du 11ème Forum «Sécurité intérieure» de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police FSFP au Kulturcasino de Berne, où 150 policières et policiers, ainsi que d'autres personnes intéressées, étaient présents afin de stopper cette évolution.

 

Si l'on remonte à une vingtaine d'années, le policier n'était armé que de sa seule arme de service. A l'époque, le nombre de recours à l'arme à feu était restreint. Aujourd'hui, aucun policier en uniforme ne sort plus sans gilet pare-balles, ni son équipement standard, lequel s'étend du bâton tactique au spray lacrymogène ou au poivre. De plus, ces dernières armes doivent régulièrement être utilisées afin de parer les attaques dirigées contre la police. Malgré cela, les blessures surviennent de plus en plus fréquemment.

 

«Cela me préoccupe!». C'est avec ces mots que Heinz Buttauer, président de la FSFP, a ouvert le 11ème Forum «Sécurité intérieure» consacré au thème : Violence contre la police = violence contre l'Etat. Grâce aux exposés et au podium de discussion, le phénomène a été examiné et discuté sous différents points de vue. Les participants ont également tenté d'y apporter des solutions.  

 

Prévention, formation et répression

Beat Hensler, ex-président de la Conférence des Commmandants des Polices Cantonales de Suisse (CCPCS) et commandant de la police cantonale de Lucerne, soulignait  que c'étaient surtout les jeunes qui avaient perdu le respect de l'autorité. Selon lui : «La prévention, une bonne formation des policières et des policiers, tout comme la répression sont d'importants piliers pour lutter contre ce phénomène. Néanmoins, la prise en charge des personnes concernées ne doit pas être négligée».  

 

L'alcool comme fréquent déclencheur 

Dr. Patrik Manzoni, criminologue/sociologue et auteur du livre «Gewalt zwischen Polizei und Bevölkerung» (ndlr «La violence entre la police et la population» a fait remarquer que l'alcool était souvent une des causes des incidents. « La consommation d'alcool a des répercussions directes sur la violence contre la police, et ce, car cette dernière fait chuter le seuil d'inhibition».

 

ça suffit!

Yvan Perrin, Conseiller national et inspecteur à la police judiciaire du canton de Neuchâtel a montré une courte séquence d'un acte de violence contre un policier filmée grâce à un téléphone portable et a dit : «on  nous frappe sans raison et on filme  la scène avec un natel pour mieux s'en vanter. On ne peut pas tolérer cela». Il est persuadé que des amendes ne permettent pas d'atteindre le but fixé. En outre, les juges prononceraient de plus en plus de peines avec sursis, ce qui mène souvent à des récidives. Il demande des procédures rapides, comme dans le cas de St. Gall, où des hooligans ont été condamnés immédiatement.

 

Des experts cherchent des solutions, photo : Hans Peter Blunier

 

L'Allemagne montre l'exemple

Bernhard Witthaut, 1er vice-président du Syndicat de la police allemande (GdP) s'est montré satisfait de voir la violence contre la police thématisée : «Nous n'accepterons plus, que les policières et policiers soient victimes de crachats, d'insultes et d'agressions. C'est pourquoi nous exigeons, que quiconque attaque une policière ou un policier doit subir une peine carcérale pour une durée de 6 mois ! » Les signes précurseurs sont bons, vu que le contrat de coalition du nouveau gouvernement prévoit que les peines minimales pour ce délit soient examinées.

 

La discussion comme chance

En Suisse aussi, la politique est appelée à agir. Pour Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP : «Le premier pas a été fait avec le lancement de notre pétition". Il ajoute aussi que « la discussion est engagée et doit être pousuivie afin de trouver des solutions».

 

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